
La conservation-restauration, définition
Il s’agit de l’ensemble des mesures et actions ayant pour objectif la
sauvegarde du patrimoine culturel matériel. Elles doivent garantir son accessibilité aux
générations présentes et futures. La conservation-restauration comprend la conservation
préventive, la conservation curative et la restauration. Toutes ces mesures et actions doivent
respecter la signification et les propriétés physiques des biens culturels.
Conservation préventive –
L’ensemble des mesures et actions ayant pour objectif d’éviter et de
minimiser les détériorations ou pertes à venir. Elles s’inscrivent dans le contexte ou
l’environnement d’un bien culturel, mais plus souvent dans ceux d’un ensemble de biens, quels
que soient leur ancienneté et leur état. Ces mesures et actions sont indirectes- elles n’interfèrent
pas avec les matériaux et structures des biens. Elles ne modifient pas leur apparence.
Exemples : les mesures et actions mises en oeuvre pour assurer de façon appropriée l’inventaire, le stockage, la
manipulation, l’emballage et le transport, la sécurité, le contrôle environnemental (lumière, humidité, pollution,
infestation), les plans d’urgence, la formation du personnel, la sensibilisation du public, la conformité aux
normes juridiques.
Conservation curative –
L’ensemble des actions directement entreprises sur un bien culturel ou
un groupe de biens ayant pour objectif d’arrêter un processus actif de détérioration ou de les
renforcer structurellement. Ces actions ne sont mises en oeuvre que lorsque l’existence même des
biens est menacée, à relativement court terme, par leur extrême fragilité ou la vitesse de leur
détérioration. Ces actions modifient parfois l’apparence des biens.
Exemples : désinfestation de textiles, dessalement de céramiques, désacidification du papier, séchage contrôlé
de matériaux archéologiques humides, stabilisation de métaux corrodés, consolidation de peintures murales,
désherbage des mosaïques.
Restauration –
L’ensemble des actions directement entreprises sur un bien culturel, singulier et
en état stable, ayant pour objectif d’en améliorer l’appréciation, la compréhension, et l’usage. Ces
actions ne sont mises en oeuvre que lorsque le bien a perdu une part de sa signification ou de sa
fonction du fait de détériorations ou de remaniements passés. Elles se fondent sur le respect des
matériaux originaux. Le plus souvent, de telles actions modifient l’apparence du bien.
Exemples d’actions de restauration : retoucher une peinture, assembler les fragments d’une sculpture brisée,
remettre en forme une vannerie, combler les lacunes d’un vase de verre.
Les mesures et actions de conservation-restauration peuvent parfois servir plusieurs objectifs. Ainsi,
l’élimination d’un vernis peut relever à la fois de la conservation curative et de la restauration,
l’application d’un revêtement protecteur de la restauration et de la conservation préventive, le
réenfouissement de mosaïques de la conservation préventive et curative.
La conservation-restauration est complexe et exige la collaboration de professionnels qualifiés dans les
divers domaines pertinents. En particulier, tout projet impliquant des actions directes sur le patrimoine
culturel requiert un conservateur-restaurateur. (ref. Définition de la profession, ICOM-CC, Copenhague, 1984, et code de déontologie de l’ICOM)
Source: Résolution adoptée par les membres de l’ICOM-CC à l’occasion de la XVe Conférence triennale, New Delhi, 22-26 septembre 2008.