Les problèmes et altérations d’un tableau

Laboratoire pour essais de solutions de nettoyage. Traitement des problèmes et altérations d'un tableau

On différencie les diverses parties d’un tableau: le support qui soutient la peinture, les différentes couches posées sur ce support. Lors d’un constat d’état toutes les parties sont observées. Nous regardons les altérations et les problèmes de ces différentes parties afin de définir un diagnostic puis un protocole d’intervention.

Support, nature, problèmes et altérations

Par support, on entend le matériel sur lequel est peint l’oeuvre. Soit dans un tableau, la toile ou un panneau de bois.

Pour le support bois, nous allons vérifier son état et sa nature. Quelle essence? y’a t-il une ou plusieurs planches fixées entre elles? si oui, comment sont-elles fixées? Les possibilités d’altérations du /des panneau(x) sont multiples, Le panneau a pu arquer, les panneaux ne sont plus jointifs (structure). Le bois a pu être attaqué par des insectes xylophages ( trous d’envols) ou de moisissures ( piqué blanc/vert/noir). Il a pu subir la présence de l’eau ou inversement de la chaleur. Les traitements des problèmes et altérations d’un tableau dépendent donc des observations effectuées.

Le support toile est également étudié: sa nature, lin, coton, mélangé. Sa trame et son armure sont défini ainsi que son style de tissage et sa tension. Comme pour le bois, on observe les altérations qu’elle peut présenter, comme des trous, des perforations, un manque de tension, des déformations et leur localisation. La toile peut également avoir été en contact avec de l’eau ou de la chaleur. On regardera comment la toile est tendue sur un châssis ( semences, clous et leur état d’oxydation) et son encrassement ( présence de scrupules). La toile a pu être contre-collée sur un autre support ( carton/bois). Les traitements des problèmes et altérations d’un tableau dépendent donc également des observations effectuées.

Les couches constitutives

Les couches constitutives, ce sont toutes les parties qui constituent la peinture: La couche de préparation, la couche picturale et la couche finale si présente ( le vernis).

La couche de préparation, il s’agit de la couche d’apprêt qui recouvre le support, toile ou bois. Elle est composée de charge et d’un liant. Elle a pour but de boucher les pores du bois ou de saturer la toile avant de poser la peinture. Dépendant des époques, la couche de préparation peut être colorée, ocre rouge, gris ou blanche. Elle peut être faite artisanalement ou industriellement. Elle peut présenter des problèmes de soulèvements et de craquelures.

La couche picturale, c’est la couche de peinture à proprement parlé. Ici aussi, sa composition varie selon les époques. De pigments secs mélangés à de l’huile jusqu’aux tubes préparés industriellement. La peinture peut présenter es craquelures, des usures, des griffures. Plus gravement des pertes ou lacunes (ce sont des écailles qui sont parties). Elle peut également être soulevée et parfois les pigments se sont oxydés. Si la peinture n’est pas protégée par un vernis, elle peut être encrassée avec la présence de poussières, de déjections d’insectes et de moisissures. Là aussi, les observations permettront de formuler un protocole pour traiter les problèmes et les altérations.

La couche superficielle (vernis), elle sert à protéger la couche picturale des éléments extérieurs (UV, poussière…) et à saturer plus ou moins les couleurs selon sont degré de matité/brillance. Le vernis peut être de différentes natures: vernis à base de résines naturelles ou aujourd’hui synthétiques. Avec le temps, le vernis s’oxyde et peut devenir jaune à brun. Il peut également se fissurer opacifiant la surface jusqu’à créer des chancis plus ou moins profonds. Les traitements du vernis vont de l’allègement au retrait avant de reposer un nouveau vernis.

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